Cela fait exactement quatre ans aujourd’hui que Patrick s’est tué en se jetant de la lucarne du grenier où il habitait à Rennes à 4 heures du matin, tombé sur le parking peut-être sur sa voiture la moitié du visage très abimée, la gorge entaillée.
Qui a tenu pour la dernière fois son corps encore chaud ?
C’est une anesthésie dont il faut vite sortir nous sommes aux pompes funèbres. Le procureur ne donne pas l’autorisation pour le crématorium, il faut tout préparer pour son retour vers Le Mans.
Nous réagissons avec nos automatismes le cœur coincé.
Au Mans à la chambre mortuaire, le cercueil est fermé, c’est très pénible.
Je vais de temps en temps au cimetière et ne m’attarde pas (je lui demande ce qu’il fait là) ainsi qu’au fils de mes voisins 50 ans mort du sida. (Tombeau en face du sien). Mais je prie Patrick quand j’ai des moments difficiles (Patou aide-moi je suis exaucée)
Au décès de mon mari c’est le travail qui m’a sorti de là et j’ai fait de la relaxation. Pour Patrick, ma fille m’a emmenée de force en vacances.
Aux réunions de famille, il manque toujours quelqu’un.
Les grandes fêtes et les fins d’année sont difficiles à vivre même en famille.
Le suicide est toujours tabou.
Denise : 25 juillet 2006