L’espoir est essentiel à notre vie affective, mais si l’on nous demandait de le définir, nous serions sans doute bien embarrassés. La plupart d’entre nous le confondent avec l’optimisme, cette attitude qui consiste à croire que « tout ira pour le mieux ».
Mais il existe entre les deux une différence fondamentale. L’espoir ne résulte pas d’une incitation à « positiver » ni d’une capacité à voir l’avenir en rose. L’espoir, contrairement à l’optimisme, ne transige pas avec la réalité. Bien qu’il soit impossible de le cerner une fois pour toutes, j’ai forgé cette définition qui me semble bien résumer ce que m’ont appris mes patients.
L’espoir, c’est le sentiment exaltant que l’on éprouve lorsque l’on croit à la possibilité d’un avenir meilleur. En tant que tel, il tient compte des embûches qui ne manqueront pas de se dresser en travers de notre route et n’accorde pas le moindre crédit aux illusions trompeuses.
L’espoir, lorsqu’il s’accompagne de lucidité, nous donne le courage de faire face à l’adversité et de surmonter les coups du sort. Garder espoir s’est révélé pour mes patients aussi efficace que n’import quel traitement. Et ce n’est qu’après bien des années de pratique que j’en ai pris conscience.
Jérôme Groopman Chercheur et cancérologue américain