Les personnes endeuillées pour la plus part, ont besoin de ….
- Réaliser la perte : accepter sa réalité
- Rompre l’isolement ou le sentiment d’isolement consécutif à la perte
- Etre accueillies dans ce qu’elles vivent
- Parler librement du suicide sans se sentir jugées
- Retrouver l’espoir d’être soutenues
- Etre rassurées (se sentir dans la normalité) par rapport à leurs émotions, sentiments
- Apprivoiser la souffrance
- Comprendre ce qui s’est passé
- Exprimer leur douleur et savoir que celle-ci va s’atténuer avec le temps
- Trouver des moyens pour faciliter le cheminement du deuil
- Faire émerger les réactions et les émotions
- Savoir que la souffrance n’est pas ressentie par tous de façon identique
- S’ajuster à l’absence de la personne suicidée
- Resituer le défunt (lui donner une nouvelle place) et aller de l’avant dans sa nouvelle vie.
- Prendre du temps et retrouver leur énergie
- Avoir le droit de vivre les différentes dates significatives, particulièrement au cours de la première année suivant la perte.
- Eprouver du chagrin au-delà du temps habituellement consenti par l’entourage
- Aller au fond de leur peine
- Vivre avec le paradoxe absence/présence de la perte
- Vivre avec ses sentiments ambivalents (amour/colère)
- Sentir qu’elles ont le droit d’être vulnérables
- Sentir qu’elles ont le droit de vivre leur deuil à leur manière
- Se donner le droit de mettre en place des rituels pour « faire mémoire » et jalonner ce temps de « l’après » avec la fratrie, la famille proche.
- Résister aux conseils bien intentionnés (tu devrais …A ta place, je …etc.)
- Prendre soin d’elles mêmes
Enfin, les personnes endeuillées par suite du suicide, et c’est souvent ressenti par elles comme une injustice supplémentaire, sont tenues d’aider leur entourage à les aider.
- En prenant conscience que leur malheur peut faire peur et en allant à la rencontre des autres.
- En apprenant à exprimer : « C’est vrai, je ne me sens pas bien et ne parviens pas à la cacher mais ne t’inquiète pas, je vais aller mieux »
- En se gardant d’interpréter les regards extérieurs comme des regards de jugements
- En prenant, le moment venu, des initiatives pour lancer une invitation sans attendre de la recevoir.
- En apprenant à identifier leurs besoins [1] pour les satisfaire ou pour formuler une demande
Ces attitudes relationnelles sont à envisager dans les mois ou années qui suivent, lorsque la violence du choc est atténuée, mais sont essentielles à considérer afin de ne pas rester configuré-e à une identité de victime que « les autres » doivent consoler ou prendre en charge à titre de compensation.