Parce qu’un des facteurs protecteurs du suicide est l’estime de soi, Familles Rurales fédération de la Sarthe, dans le cadre de ses actions en prévention du mal être et du suicide, développe un programme de communication facilitée au sein des écoles primaires en direction du Cycle 3.
Ce programme prend sa source dans une approche humaniste nourrie par Abraham Maslow et Marshall Rosenberg. Abraham Maslow croit profondément dans le potentiel positif de l’être humain. Ce potentiel actualisé permet à chaque individu de devenir « le meilleur de soi même » car, soutient Abraham Maslow, les êtres humains possèdent une tendance innée à progresser vers des niveaux supérieurs de santé, de créativité, d’épanouissement. L’épanouissement de chacun passe par la satisfaction de ses besoins que le fondateur de la psychologie humaniste hiérarchise de façon pyramidale : la pyramide de Maslow. Les besoins d’estime de soi, figurent parmi les besoins supérieurs (autonomie, indépendance, réalisation, respect, estime, réalisation)
« Avoir une bonne estime de soi, ce n’est pas faire preuve de gentillesse [1]. C’est plutôt avoir conscience de ses forces et de ses faiblesses et s’accepter soi même dans ce qu’on a de plus personnel. Cela signifie prendre ses responsabilités, s’affirmer, répondre à ses besoins, avoir ses buts et prendre les moyens pour les atteindre. Avoir une bonne estime de soi c’est se respecter soi-même tout en ayant de la considération pour les autres. Quand les parents travaillent à développer l’estime de soi de leurs enfants, ils ont comme projet éducatif de leur permettre d’actualiser ce qu’ils ont de meilleur en eux. Peut-on imaginer ce que serait le monde de demain si nos enfants, devenus adultes, menaient leur vie dans le respect d’eux-mêmes et des autres tout en considérant la nature et l’humanité comme un tout indissociable dont il faut absolument prendre soin ! » Danielle Laporte et Lise Sevigny
Vivre des relations facilitées, désamorcer les violences, sont les objectifs du programme dont la finalité réside dans l’instauration de relations bienveillantes entre les enfants eux-mêmes ; entre enfants et professeurs.
A cette fin, des outils de la communication non violente [2] -dont Marshall Rosenberg, disciple d’Abraham Maslow, est le chantre- sont utilisés pour guider l’apprentissage effectué par le groupe classe. Il s’agit de s’approprier la grammaire d’un nouveau langage qui fonctionne à partir du repérage des sentiments révélateurs de besoins non satisfaits, dans le but de formuler une demande.
Apprendre à se connaître et à se dire, prendre la responsabilité de ses sentiments et de ses besoins, reconnaître et respecter ceux des autres enfants, sont les composantes de l’estime de soi, travaillée avec enfants et enseignants dans cette finalité de relations bienveillantes, compréhensives et respectueuses, porteuses d’harmonie.
Parallèlement à la prévention de la violence à l’école, cette harmonie envisagée ouvre l’espace le plus favorable aux apprentissages cognitifs.