Auteur Réponses

Anonyme

  • Posté le : mardi 12 mai 2009, 14:22
  • Sujet : Notre fille a mis fin à ses jours

Notre fille de 33 ans a mi fin à ses jours en mai 2008 suite à une dépression sévère due en partie au harcèlement moral dans son entreprise et à sa nature dépressive que nous ignorions.

Notre fille vivait loin de notre région et nous mettait à l’écart de sa vie dès qu’elle allait mal, nous attribuant également les échecs de sa vie alors que nous n’avons cessé de nous préoccuper pour elle depuis son adolescence où elle s’est révélée très exigeante envers nous (entre autres combler ses lacunes financières).

Notre fille oubliait très vite les efforts faits pour elle et nous avons été très choqués de trouver dans son journal intime des écrits négatifs nous concernant, comme si nous ne nous étions jamais souciés de notre fille.

Après le choc de son suicide, j’ai ressenti de la colère, une incompréhension totale ; mon mari a su me soutenir malgré sa douleur et "adoucir" ces reproches que nous avons ressentis comme une profonde injustice. Il nous reste ce sentiment d’échec que notre fille ne se soit pas sentie aimée de ses parents alors qu’elle a fait l’objet de toute notre attention.

La lecture des témoignages de ce forum m’ont beaucoup apporté et m’ont fait comprendre que je ne suis pas la seule à avoir ressenti de la colère même de la honte à la suite d’un tel drame.

Revenir en haut de la page Dernière mise à jour le 12-05-2009 14h24

 

Geneviève

  • Posté le : mardi 12 mai 2009, 14:23
  • Sujet : Notre fille a mis fin à ses jours
La souffrance,chez certaines personnes,est tellement envahissante qu’elles ne sont pas en mesure de reconnaître les attentions dont elles bénéficient. Ces marques d’amour ou d’amitié leur semblent « normales » dans la mesure où elles en veulent à tous de cette souffrance et en particulier à certaines personnes ciblées parmi lesquelles se trouvent souvent les parents. Elles mettent en demeure ces personnes ciblées (parents, « autres ») de combler leurs besoins pour réparer ce qu’elles ressentent comme une injustice liée à la société, à leur éducation etc. Il y a présence, dans cette exigence, d’une difficulté importante à prendre ses responsabilités (quels que soient les torts de la société ou « des autres ») et cette inaptitude se durcit parfois de façon maladive. Cela peut expliquer, dans la logique de votre fille, que ces aides apportées par vous, aient été reçues comme un dû et non comme des manifestations de votre amour de parents. Toujours dans sa logique, elle n’avait pas à être reconnaissante de ce qui lui était dû et sans doute, au contraire, estimait-elle que ce n’était jamais assez. Cette situation est très douloureuse pour les parents qui se sentent impuissants ; qui vivent un sentiment d’injustice à ne pas être reconnus et bien au contraire jugés durement. Vous n’êtes pas les seuls à le vivre, je vous l’assure et peut-être glisserez-vous progressivement de ce sentiment d’échec personnel à la prise de conscience que vous vous heurtiez à une situation que vous ne pouviez en aucun cas résoudre tous seuls. Votre fille, aimée par vous, était trop prisonnière de sa souffrance pour recevoir cet amour. Merci pour votre témoignage et bon courage. Geneviève
Revenir en haut de la page Dernière mise à jour le 12-05-2009 14h24

 

Cricri

  • Posté le : mardi 12 mai 2009, 14:24
  • Sujet : Notre fille a mis fin à ses jours

Bonjour Geneviève,

Merci beaucoup pour votre réponse qui nous aide à comprendre l’attitude de notre fille envers nous.

En plus du "manque" quotidien que nous ressentons depuis la perte de notre fille, il nous reste ce sentiment d’échec de ne pas avoir réussi à la rendre heureuse.

Votre réponse nous démontre que nous avons un travail psychologique à faire pour accepter le mal être de notre fille que nous n’avons jamais soupçonné à ce point et qui lui a donné cette "incapacité à aimer" comme elle l’indique dans les dernières pages de son journal : incapacité à aimer dans sa vie privée (elle a toujours été à l’origine de ses ruptures sentimentales) et incapacité à aimer sa famille également.

Elle reconnaît dans ses écrits qu’elle s’est "isolée de sa famille", demandant pardon à ses amis qui ont tant essayé de la rendre heureuse mais pas un mot pour nous, c’est très difficile à vivre et l’enquête de police qui a eu lieu suite à son décès démontre que les pressions professionnelles ont participé pour une grande part à son geste provoquant une grave dépression.

La perte d’un enfant par suicide culpabilise toujours mais avec mon mari nous nous soutenons mutuellement, accompagnés de notre fils et de sa famille qui nous comprennent puisqu’ils ont vécu les moments de souffrance avec notre fille depuis tant d’années.

Merci encore pour votre soutien.

Cricri.

Revenir en haut de la page Dernière mise à jour le 12-05-2009 14h24
-->

retour


Annuaire cloudink.net
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | Partenaires | Nous contacter