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Cricri

  • Posté le : lundi 18 mai 2009, 14:36
  • Sujet : Temoignages d’espoir

Dans quelques jours, cela fera un an que notre fille nous a quittés.

Deux mois après, voyant notre désarroi, notre docteur de famille nous a dit : "il faut vous reconstruire", cette expression était vide de sens pour nous.

Une aide complètement inattendue, de notre petit-fils de 8 ans, qui nous a dit deux mois après le décès de notre fille, lors du décès de mon père de 93 ans, (alors qu’il n’avait jamais parlé du décès de sa tante auparavant) : "c’est plus logique pour pépé que pour "C" ", nous avons ressenti beaucoup d’émotions de la part de ce petit bonhomme que nous pensions tout de même un peu "en dehors de notre deuil" du fait de son âge.

Aidés également par les témoignages de sympathie de personnes inconnues de nous mais faisant partie de l’entourage de notre fille, qui l’ont vu vivre et qui s’inquiétaient pour elle, petit à petit cette culpabilité qui fait si mal s’est transformée en une certaine lucidité :

"Nous n’avons pas à faire le bonheur de nos enfants à leur place", et "vous savez bien ce que vous avez fait pour votre fille", ces paroles de Geneviève sur ce site m’accompagnent au quotidien, ce fut le déclencheur pour prendre de la distance avec cette culpabilité qui fait si mal tel que : "je n’ai pas su voir", ces mots qui arrivent tout de suite après le drame, peut-être inconsciemment pour "nous punir", mais de quoi ?

Au fil des mois, il en ressort tout l’amour que nous avions pour notre fille qui "dans sa souffrance, n’était pas en mesure de le recevoir", à nouveau une phrase de Geneviève pleine de réalisme et qui aide à comprendre l’impuissance des parents qui souhaitent pourtant le meilleur pour leurs enfants.

Sans doute le plus important pour "aller mieux" est d’aider notre entourage à nous aider : cf. rubrique "deuil par suicide" "les besoins des personnes endeuillées". Ne pas s’isoler, accepter les invitations d’amis, inviter à notre tour ou faire le premier pas, et comprendre que l’on ne parle pas toujours du défunt mais que leur présence près de nous signifie qu’ils y pensent et qu’ils nous soutiennent.

Ne pas s’alarmer des phases du deuil qui n’ont pas forcément une suite logique : on pense aller mieux et subitement le chagrin reprend le dessus et les "pourquoi" recommencent, puis on se reprend et on se souvient du jour de notre mariage : "mariés pour le meilleur et pour le pire", quelle drôle de phrase ! Ce jour là on ne pense qu’au meilleur bien sûr, mais le pire, auquel on ne veut pas croire, est arrivé.

Fonder une famille n’est pas une démarche anodine et quand le drame survient c’est à deux dans le couple qu’il faut lutter au quotidien pour que la vie continue, en se soutenant ainsi, nous savons que petit à petit l’apaisement de notre douleur s’installera pour adoucir notre peine.

Dans ce témoignage, je veux dire à tous les parents qui souffrent que l’espoir "d’aller mieux" existe pour tous et surtout ne donnez pas raison au suicide en vous empêchant de vivre votre vie avec votre entourage, même si elle est différente désormais, mais toujours dans le respect de la mémoire de l’enfant disparu qui voulait seulement se libérer de sa souffrance.

Bien cordialement à tous.

Cricri.

Revenir en haut de la page Dernière mise à jour le 18-05-2009 17h27
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